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Hôtellerie-restauration : pour Elisabeth Borne, les rémunérations ne sont « pas à la hauteur »


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La ministre du Travail a invité les employeurs “massivement aidés pendant la crise” à mettre des propositions sur la table.

C’est l’un des gros sujets de la rentrée et sans doute l’une des conséquences sur le long-terme de la crise du Covid. « Le sujet du pouvoir d’achat arrive dans le débat, du fait notamment qu’on a vu que les marges des entreprises ont très fortement progressé au premier et au deuxième trimestres », a relevé Elisabeth Borne, invitée de l’émission « On n’arrête pas l’éco ». « Donc ça pose effectivement la question du partage de la valeur (…) entre l’entreprise et les salariés et évidemment il faut de la justice dans ce domaine », a-t-elle dit. Elle a invité « toutes les entreprises dont les marges le permettent à se saisir » de la prime de pouvoir d’achat, dite « prime Macron », qui permet de verser jusqu’à 2000 euros défiscalisés par salarié.

« Mais je pense aussi qu’on a des sujets sectoriels », a-t-elle ajouté, avec « des secteurs dans lesquels les conditions de travail, les rémunérations ne sont pas à la hauteur des contraintes des métiers », citant notamment les « hôtels, cafés, restaurants », qui « doivent se remettre en question ». « Il y a des secteurs qu’on a massivement aidés dans la crise et qui aujourd’hui nous disent : on n’arrive pas à recruter. Eh bien il faut qu’ils se posent la question de pourquoi ils n’arrivent pas à recruter », a-t-elle insisté, ajoutant : « j’attends qu’ils mettent des propositions sur la table ». « C’est des secteurs qu’on aide, qu’on continue à aider, je pense qu’ils entendent le message », a conclu la ministre du Travail.

Interrogé également sur France Inter plus tôt dans la matinée, le leader de la CFDT, Laurent Berger, avait pointé « une responsabilité de l’Etat » et estimé qu’il fallait « conditionner les aides aux entreprises » à l’ouverture de « négociations de branches dans tous les secteurs » sur les rémunérations et les conditions de travail.

Une fois de plus, la question de la rémunération dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration est donc mise sur la table. En mai dernier, le patron d’Accor alertait déjà sur les conséquences du Covid sur les RH, prévoyant qu’un employé sur quatre ne reviendrait pas travailler au terme de la crise sanitaire. « On va, j’espère, en trouver d’autres (…) Mais il va falloir qu’on accepte que ces gens-là ne reviennent pas, ou alors qu’on accepte de mieux valoriser leur travail, c’est-à-dire peut-être de les rémunérer plus, peut-être de faire en sorte que (leurs postes) soient beaucoup plus polyvalents », affirmait-il alors. « Cette crise est le moment de réfléchir à ce qu’on a bien fait, à ce qu’on n’a pas bien fait : il y a un certain nombre de travaux dans les hôtels et les restaurants qui sont pénibles, il faut mieux reconnaître et revaloriser ces personnes, par le salaire ou peut-être par autre chose. »

Plus récemment, François de Canson, président du CRT Provence Alpes-Côte d’Azur, pointait dans une interview à L’Echo touristique ces difficultés de recrutement comme « le point noir de l’été ». Nous avons réalisé une magnifique saison, mais nous avons fait face à une problématique d’emploi. Les professionnels du secteur le déplorent, de manière unanime : les campings, les hôtels, les restaurants, les bars… Nous devons nous emparer le plus rapidement possible de cette question, qui engendre un considérable manque à gagner. Le président Muselier a d’ailleurs annoncé que nous allions l’aborder lors des Etats régionaux de la relance à Marseille. Ce qui est frappant, c’est que 7 500 emplois sont répertoriés et non pourvus en Région. »

« Le secteur du tourisme a connu un arrêt complet, poursuit François de Canson dans cette interview. Les personnes ont donc eu tendance à chercher des emplois ailleurs. Aujourd’hui, charge à nous de resensibiliser notamment les jeunes sur l’intérêt de travailler dans le secteur, ce que nous allons faire. Le tourisme représente en Région 13% du PIB, et 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires.  Il faut gagner cette bataille de l’emploi. »

Face à la pénurie de main d’œuvre dans le secteur du tourisme, le président de la République a lancé officiellement la plateforme Monemploitourisme.fr en juin dernier, lors de son déplacement dans le Lot. Une première version de ce site destiné aux saisonniers avait été mise en ligne en juin 2020 sous l’impulsion de l’IFT. La nouvelle mouture permet désormais de poster ou de consulter des offres concernant l’ensemble des métiers du tourisme.

Source de l'article : https://www.lechotouristique.com/article/hotellerie-restauration-pour-elisabeth-borne-les-remunerations-ne-sont-pas-a-la-hauteur

Posté par : lechotouristique.com, 09/09/2021


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